Magalï Langlois
3A Racing Team Part I, Part II, Part III, Part IV, Part V, Part VI 24H00 du Mans Moto

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Manu LentaigneLe 3A dans tous ses états...
par La Schtroumfette Part V




Samedi 16 avril : Dites bonjour au manchon baladeur...

Le warm-up, paisible, nous a permis de valider définitivement braquet et réglages.

La photo de famille achevée, nous bouclons la procédure de départ.

Notre "Very Fast Manu" se prépare sur la grille de départ.

Son expérience et son super chrono des qualifs lui offrent cet honneur.

15 heures, Manu s'élance pour son premier relais. Il roule fort, très fort le bougre.

Très rapidement nous remontons aux alentours de la 25ème place.

Hélas, 22 minutes plus tard, il rentre en catastrophe, limite sur la roue avant : l'embout du sélecteur s'est fait la malle occasionnant, par là même, une sacrée frayeur à toute l'équipe.

Cachée dans mon coin, je peste ; les petits soucis mécaniques accumulés depuis le début de cette semaine m'inquiètent un peu et notre équipe n'est pas franchement coutumière de cet état de fait.

Manu termine son relais, à moi de prendre la piste. Le réservoir de 24 litres m'en colle plein les bras mais je roule le plus coulé possible et tout se passe bien.

2 tours avant la fin, en pleine charge dans la ligne droite avant le Chemin aux Boeufs, j'attrape le levier pour entamer mon freinage quand le manchon d'air gauche de ma bête vient se poser délicatement contre mon bras.

Tranquillement, je me dis : "Ohhhh mon manchon, il va falloir que je rentre au...". Je relève les yeux ... le freinage est raté... j'attrape le frein quand même... je bloque tout... je pars en hight-side de l'avant... je suis catapultée... je roule... roule... roule... avant de me relever au milieu des morceaux du Monstre éparpillés un peu partout sur la piste.

Les Super Commissaires accourent. Ils relèvent ma machine pour la conduire en sécurité.

Ma pauvre créature est pulvérisée, je remets le contact... elle démarre.

Saisissant le sélecteur qui pend lamentablement, j’enclenche une vitesse et parviens à regagner le stand en roulant. Là... plus de freins... le temps d’hurler à Gaby "J'ai plus de freins..." je vais m'écrabouiller devant le stand voisin tout en embarquant mon Homme dans la cascade.

Je suis littéralement hors de moi, je m'en veux terriblement, Je ronfle, crie, pleure… Décidant enfin à quitter ma combinaison... ma panneauteuse préférée me sort un

-"Arrrggg !!! Mag y'a plein de sang sur ton t-shirt..."
Je lui réponds,
-"Meuhhhh !!! non c'est rien, je me suis brûlée le coude... comme d'hab... de toutes façons, ma combi est trop large aux bras... et..."

-"Maggggg !!!, y'a un trou dans ton coude..."

Jean-Louis, notre kiné, renchérit,
-"Heuuuuu !!! là faut aller te faire suturer ça rapidos...".

Je reviens du pavillon médical agrémentée de 6 points, d’une entorse à la cheville (je ne découvrirai celle du genou que dimanche...) et de bleus un peu partout sur le corps. Bref , prête à prendre mon relais suivant...

Fabi est repartie après que nos super mécanos aient reconstruit le "Monstre" en 48 minutes chrono. On y croit toujours!!!

Au tour de Manu d’envoyer du gros gazzz, il termine son relais, à moi d'y retourner. Je ne me sens pas trop mal physiquement et tiens mes 58 minutes sans problème majeur. Je ne garde aucune appréhension puisque j'explique parfaitement pas ma belle envolée.

A Fabi de prendre la suite. Elle déroule un super relais avant de s’envoler, à quelques tours de la fin, à la sortie du Musée.

Groggy, elle rentre au box avant d’être expédiée manu militari par notre Kiné au PC Médical. Là, le verdict tombe sans appel :
-"Vu son état, il faut passer un scanner. Interdiction de reprendre le guidon ..."

Je suis abasourdie. Notre super semaine se transforme en cauchemar. Je ne veux pas continuer sans Fabi. Ce Mans, c'est le nôtre…

Pendant ce temps, après une réparation rapide, Manu était parti pour un nouveau relais.

J'attends son retour pour lui demander s'il souhaite continuer. Je suis toute « ébouillée ».Il n'est que 23 heures et la mi-course est encore loin.

Le Team décide de jeter l'éponge, c’est la fin de l'aventure.

Pour la petite histoire, ma Fabi est revenue vers 1 heure du matin avec un certificat médical l'autorisant à poursuivre... Heureusement elle n'avait rien.

On range un peu, on discute, on va se coucher.

Dur, c'est vraiment dur

Yamaha R1
Baston du soir, Espoir !