Championnat de France d’Endurance - Manche 2 : LEDENON
Les aventures de Piglette et Schtroumfette en CFE
jeudi 2 juin : A la queue leu leu...
Levée 5 heure direction le circuit de Lédenon où m’attend déjà ma coéquipieuse préférée.
Une école de pilotage a eu la bonne idée de louer la piste juste avant cette nouvelle manche de Championnat de France d’Endurance et Fabi et moi savons que ce petit roulage en plus ne sera certainement pas du luxe.
La miss n’a en effet jamais chevauché de 1000cc sur cette piste tortueuse et de mon côté les bons conseils reçu lors du stage de février dernier n’ont pas encore pu être mis en application.
C’est donc chacune au guidon de notre bestiole que nous prenons la piste. Pour le première fois cette saison nous allons pouvoir nous suivre sur un circuit et ça promet d’être très intéressant.
Fabi peine un peu au début par son manque d’expérience de la bête ici mais parvient doucettement à prendre ses marques. C’est clair que passer d’une tite 620 (« nonnnn, avec la 620 le triple gauche y passe à fond... la R1 ça marche pas » cf ma coéquipieuse de choc) à une grosse R1 n’est pas des plus fastoche et la 3ème séance est mise à profit pour faire le « tchou-tchou » : Piglette part devant 5 tours puis je la double pour qu’elle puisse étudier mes trajs et moi les siennes (Vous savez bien dans le cochon, tout est bon !!! Arfffffff).
Résultat des courses, je suis en 1.32 avec miss superprod, plutôt encourageant vu qu’il s’agissait de mon meilleur chrono réalisé ici jusqu’alors. Par contre la superprod n’est pas la stock et j’ai hâte de changer de monture pour les essais libres de demain afin de pouvoir juger des différences.
Dodo, demain essais libres.
vendredi 3 juin : Dure journée...
Il fait méga beau et chaud et la journée promet d’être formidable. Fabi et moi avons 3 séances chacune et comptons bien ne pas les rater.
Premier boulot comme d’hab le braquet. Nous avons un peu raccourci afin de mieux ressortir des virages. Je monte sur la stock et là... c’est le pied. Y’a pas à tortiller cette R1 est vraiment bien née et je me régale à son guidon. La moto est souple, saine à outrance et tout paraît naturel.
Niveau partie-cycle r.a.s. ni pour l’une, ni pour l’autre. Ma Cochonnette s’applique, travaille ses trajs, se force à rentrer plus tard et les chronos descendent. Pour moi 1.33 à mon compteur. Y’a pas à dire c’est que du bonheur.
Je pars donc pour ma 2ème séance après avoir encore raccourci un peu et là, miss R1 rouspette, se cabre, glisse (avec des pineus neufs excusez du peu...)
Je rentre donc rapido pour informer Gaby et ma Piglette qu’en fin de compte le braquet précédent était vachement bien. Il ne nous reste plus qu’à nous forcer un peu pour rentrer plus fort dans les virages afin de mieux ressortir (vu comme ça, ça à l’air fastoche mais en vrai... gloups).
Et puis... c’est le drame. Un des nôtres nous quitte. On a du mal à y croire. On se dit que c’est un mauvais rêve, qu’on va se réveiller et... non la dure réalité nous rattrape d’un coup. Parti dans sa passion oui, mais parti quand même.
La journée s’achève là, difficile à digérer.
samedi 4 juin : Qualif et cascade sont dans un bateau...
Ce matin j’ai une drôle de tite boule dans mon estomac. Elle est toujours là aux qualifs mais cette fois elle semble envahir tout mon ventre.
Je me suis levée à 6 heures pour déjeuner avec ma Piglette et commencer à partager cette journée avec elle. Ma Cochonnette étant d’un naturel inquiet, je me dis que de lui faire la conversation du matin et lui beurrer ses tartines ça peut aider (hi, hi, hi)
8 heures Fabi se rend en pré-grille avant de revenir aussi sec, le début des qualifs ayant été décalé d’une demie-heure. C’est donc un Cochon tout grognon qui revient poiroter au campement.
Puis c’est enfin la vraie pré-grille et je la sens très motivée. La sachant capable de trucs de ouf, (il suffit juste que je la rassure un peu en lui montrant que notre monture est capable de le faire) je me rend tranquillement au bord du muret.
La voilà qui passe une fois, deux fois, elle roule déjà en 1.37 ça promet.
Drapeau rouge...
Une chute dans la cuvette... comme hier.
Une percussion entre deux motos... comme hier.
Et Fabi qui ne revient pas...
Gilles, un copain qui roulait dans sa série arrive « C’est Fabi, elle a été percutée, elle est au sol, elle ne bouge plus... »
Je fonds en larme, me dis que c’est pas possible, pas ENCORE, pas elle, pas...
L’ambulance arrive enfin et Fabi est à l’intérieur. Je la sers fort contre moi. J’ai eu la trouille de ma vie.
Résultat, une pilotesse chiffon, bassin et cervicales en vrac. Un deuxième avec le moral dans les bottes et une journée de daube en perspective.
Après toutes ces émotions, prendre le guidon de la moto est presque un soulagement. J’essaye de faire le vide dans ma tête et de penser à la qualif et rien qu’à elle.
Je pars, entre dans le triple et sens mon pied droit glisser sur mon repose-pied. Etrange sentiment, y’a des jours comme ça. Je fais 7 tours et rentre pour découvrir que mon repose-pied avait décidé de prendre la clé des champs d’un moment à l’autre. Pas grave. Je suis créditée du 6ème temps de mon groupe en 1.31.392 et reprends espoir.
Au campement, ma Cochonnette met toutes les chances de son côté pour essayer de participer à sa seconde séance. Massages (merci Sylvia), reposage et redressage. On croise les doigts pour qu’elle tienne le coup.
2ème séance. Les évènements de la matinée (chutes à répétition) vont occasionner un sacré raccourcissement de notre roulage. Fabi repart pour seulement 10 minutes et j’essaye de l’aider de mon mieux. Grande habituée des bassins en vrac (c’est une de mes spécialités...) je lui conseille de se reculer au max sur sa selle pour étendre son dos et de rouler le plus relâchée possible.
Et sa marche !!!
Ma Fabi décroche dés son second tour un superbe 1.34.073.
Va quand même pas falloir que je la batte pour qu’elle roule vite cette saucisse !!!
Toute l’équipe est aux anges, sidérée par l’exploit que vient de réaliser notre miss.
C’est avec le cœur bien plus léger que je me rend en pré-grille pour ma seconde séance ramenée elle aussi à 10 minutes. Pourtant un petit truc me tracasse encore.
Est-ce qu’on va être en A ?
Je sais en plus que la seconde qualif n’a jamais été mon fort car le stress de la première à tendance à me vider totalement pour la suite.
Je respire bien, me lance et tente de rouler le plus détendue possible tout en évitant la chute.
1.30.761 et ce dans mon troisième tour... Je n’en reviens pas. Je pulvérise ma meilleure perf ici de prêt de 2 secondes.
On y croit !!!
A midi le verdict tombe nous sommes 17ème sur la grille.
Comme quoi deux pilotesses ensemble des fois, ça fait des miracles.
C’est donc dans la joie et la bonne humeur retrouvés que nous finissons cette journée riche en émotions.
Demain c’est la course.
dimanche 5 juin : « Vous avez demandé un « stop and go » ne quittez pas, merci... »
Et c’est qui qui va prendre son premier départ en endurance ? C’est moiiiiiiiii !!!
Ben voui, grande dégonflée de nature (si, si) et un peu courte sur pattes, je l’ai jamais fait.
C’est donc avec une trouille arc-en-ciel que je me prépare à la première simulation précédant les deux tours de chauffe.
J’attend et... je regarde courir les autres... avant de m’apercevoir qu’il faudrait peut-être que j’y aille moi aussi ! Je démarre, zig-zag un chouille et arrive à rester sur mes roues. Miracle !!!
2ème départ. Cette fois c’est le vrai je vais essayer de faire un peu mieux quand même. Et hop, bravoooo, j’arrive à courir en même temps que les autres. Je pars. Formidable ça marche je suis... avant dernière. Bouhhhhhhhhhhh, pas bien. Va falloir cravacher comme une folle pour remonter. Alors je cravache et je cravache et encore et au bout d’1 heure 10 de relais je rend le guidon en 14ème place à ma Cochonnette. Un piti 1.31 durant ce relais et de nombreux 1.32 réjouissent toute l’équipe.
Ma Piglette de son côté avait prévu un aide pour enfourcher la bête et vla t’y pas qu’elle saute sur la bestiole et détale sans demander son reste. Incroyable se petit bout de cochon là.
Je me repose dans le box au frais. Fabi roule en 34 régul et descend même plusieurs fois en 33. Que du bonheur je vous dis.
Puis une charmante dame nous rend une tite visite en demandant le Team-Manager. Micha se présente à elle.« Vous êtes convoqué à 17 heures au jury, votre pilote a dépassé sous drapeau-jaune. »
Plait-il ? J’ai quoi ???
C’est pas vrai. C’est une blague.
Je demande à Micha de foncer à la direction de course pour voir la vidéo. Je suis folle. Je n’arrive pas à y croire.
Micha revient : « Ben à ce moment là, la vidéo marchait pas... »
Ce sera donc ma parole contre celle du commissaire qui a signalé le fait. Autant dire, c’est mort.
Micha me prévient qu’il n’ira au jury qu’après avoir fait le ravitaillement précédent la prise de mon nouveau relais. Je ne serai donc fixée de mon sort qu’une fois sur la moto.
Je suis dégouttée n’ayant à aucun moment eu le sentiment d’avoir commis cette erreur.
Fabi me rend le guidon après prêt d’1 heure 20 de relais mais j’ai le cœur gros. Elle me signale que le moto commence à glisser.
Et pour glisser ça glisse. Je vais passer prêt d’1 heure 20 à tenter de rester sur mes roues.
Et puis j’aperçois mon numéro au pied de la tour et hurle dans mon casque. Je rentre effectuer ma punition en bouillonnant de rage.
Je repars et prends mon mal en patience. Soudain, je distingue ma place sur la panneau. Nous sommes 20ème et la fin approche. C’est pas si mal mais je suis trèsssss frustrée. Ma bestiole glissouille gaiement à chaque réaccel m’empêchant de faire des temps corrects.
Le but étant de rester sur mes roues je force la position et me dis que de rouler moins vite va peut-être me permettre de finir !!! Peut-être pourrions nous grappiller quelques places grâce à ça. Quelques commissaires applaudissent les leaders et je commence à y croire. Toujours pas de damier. Ma réserve s’allume.
Damier ? Et non pas mieux. Je suis donc obligée de rentrer n’ayant aucune notion du temps restant.
Je passe le guidon à Fabi en lui disant d’être super prudente à la réaccel et... explose. Je suis hors de moi. Entre le stress d’un relais glissant, le stop and go et avoir du rentrer pour seulement 6 minutes restant à courir, je suis verte (étrange pour une Schtroumfette...)
Nous franchirons la ligne en 19ème position malgré toutes nos galères. Mais je ne peux m’empêcher de penser à ce que ça aurait pu être sans ça.
Et puis c’est la remise des prix. Ma coequipieuse toute tordue et moi même montons sur la plus haute marche du podium féminin. Tout doucement je sens la tension redescendre et apprécie enfin le moment. Il était temps !
Je dédie cette course à Pascal Ponsart, en espérant que la haut les circuits sont encore plus beaux.
Merci ma Fabi pour ton courage et ta détermination et bonne chance le week-end prochain en Croatie.
Merci à tout mon équipe pour leur gentillesse, patience et compétences.
Merci aux copains, Bruce (le « Nain de Jardin » le plus géant que je connaisse) et Eric en tête pour leurs encouragements.
Merci à tous les commissaires et à l’organisateur pour le boulot de fou réalisé tout le week-end.
Et un immense merci tous nos partenaires : Elan, Elf, Advent Consulting, Unilog, Modertech Industries, Wearing, GP Composites, Pirelli, Roof, Afam, Ixil, Ermax, Yamaha Accessoires, Door Performance, Carbonne Lorainne, M Factory, Géant Casino, Ohlins, Tournay Distribution, Carrosserie Coupier, Arc en Ciel, Imprimerie Marcoux, La Tech lycée de Monistrol sur Loire, A.F.G. Titoulet, Technic Motos, Philip'Motos
Rendez-vous à Dijon les 6 et 7 Août 2005 pour la suite de cette passionnante saison. |