Magalï Langlois
3A Racing Team 70ème Bol d'Or Moto
Part I, Part II
Bol d'Or Moto

67

3A racing Team avec Elan
Philipp Motos

Modertech Industrie

Roof

Afam

Pirelli

Carbone Lorraine Moto

Ixil

Esprit-Racing Le Sport Moto !

ELAN

Yamaha France

Ermax
BOL D'EAU - ÉQUIPE EN OR : MY NAME IS 2 DIXIEMES

La suite...


Vendredi
J'ouvre un zeuille que j'ai bien peu fermé ces derniers temps. La pluie tombe avec acharnement...

Là au moins je sais à quoi m'en tenir. J'ai un objectif en tête descendre sous les 2.23 que représente la limite de qualification dans ma série bleue. En effet, en mondial le règlement est clair.

Tout d'abord chaque pilote doit être dans les 115 % de sa série respective. Ensuite l'un des 3 pilotes doit réaliser un chrono lui permettant de qualifier la machine parmi les 53 équipages retenus.

Je sais déjà que je ne serai pas celui-là mais je doit avant tout être sous les 115 pour être autorisée à prendre le départ.

Je stresse. J'entrouvre la visière de mon Roof histoire de limiter la buée qui s'insinue malgré tout. C'est l'heure, j'enfourche ma bestiole et débute ma séance. Comme une nouille j'ai laissé la visière entrouverte et très vite l'eau s'immisce à l'intérieur de mon casque.

Pfff c'est malin je ne vois plus rien ! Je rentre en catastrophe demandant à Gaby de m'essuyer toute cette pluie qui m'aveugle.

Je n'ai même pas eu le temps de juger de l'efficacité de nos pneus... Je repars, arrive au freinage d'Adélaïde et... me lève une boite... Tiens, tiens ça me rappelle quelque chose.

A croire que je n'apprendrai jamais de mes erreurs. 2 fois déjà en 2004, ce freinage m'avait été fatale dont une sur de l'absorbant.

Il n'en reste pas moins qu'Adélaïde sur le mouillé c'est milieu de piste et pas extrême gauche. Les commissaires sont déjà au chevet de ma pauvre Viper. Ils m'aident à la redresser.

Je fais un bilan rapide, seul le repose-pied droit semble être cassé. Je reprend la piste et rentre presto au stand. Les réparations sont effectuées vitesse grand V.

De mon côté je scrute l'écran. En face du #67 aucun temps n'apparaît et il ne reste que 17 minutes. Enfin je peux repartir. Cette fois je m'applique, redressant la moto le plus tôt possible et accélérant en grand dans les bouts droits. Je scrute le panneau. 2.22 puis 2.21.6. Je reste coincée 2 tours derrière la 666 puis vois le drapeau s'abaisser.

Je suis assez satisfaite de ma progression, les pneus s'étant montrés bien plus efficaces. Je me dis qu'avec ce temps, ça doit passer. Puis c'est au tour de Chris, Fafa et Francky de prendre la piste.

Tout 3 feront preuve d'une classe internationale. Ma Chris explose son temps de la veille en 2.18 soit 10 secondes de moins, Fafa et son 2.13 semble nous approcher de la qualif directe et mon Francky malgré un ratage dans l'une des chicanes continue à s'amuser comme un fou.

Nous sommes tous d'accord pour reconnaître que ces pneus nous ont sorti une sacrée épine du pied et que grâce à cela nous pouvons y croire.

Pourtant un bruit persiste dans le paddock, bruit selon lequel Julien Da Costa aurait explosé le chrono dans la série bleue donc la mienne relevant de ce fait la limite de qualification... Je commence à flipper sérieusement.

Et si mon amélioration n'avait pas suffi... Les feuilles arrivent. Je ne suis pas qualifiée pour 2 DIXIÈME !!! C'est pas possible.

Je ne veux pas le croire. Je suis partagée entre la joie de voir notre machine retenue 52ème et la crainte de ce qui m'attend. Speedoux, le Team Manager de Chris s'empresse d'aller voir Mr Coutant pour lui demander de tenter d'intervenir en ma faveur lors de la réunion du jury.

Je suis fébrile et attend avec angoisse 15 heures que le verdict tombe. Nous scrutons les feuilles. Il est clair que ma série a été la plus rapide. Nous voyons bien que si j'avais fait ma qualif sous une autre couleur de brassard, ce serait passé.

Tic, tac, tic, tac les minutes s'égrainent tout doucement puis soudain Speedoux arrive vers moi : "Mag je suis désolé...ça ne passe pas..." Je me liquéfie sur place, je m'effondre littéralement. Ce n'est pas possible.

C'est un cauchemar ? Pas pour 2 DIXIÈMES. Et pourtant si c'est bien-là la triste vérité. Gaby décide d'organiser une réunion de crise sous notre tente avec toute l'équipe. Je suis si honteuse et si mal à l'aise. Je ne sais comment faire pour réussir à accepter ce qui m'arrive.

La question est posée : "Que souhaite faire le team ?" Et la réponse tombe, unanime, de la bouche de mes coéquipiers : "On ne prend pas le départ, pas sans toi. Le 3A c'est toi Mag et sans toi au guidon ça n'a plus lieu d'être..."

Des milliers de sentiments se bousculent dans ma tête, dominés par l'extraordinaire esprit d'équipe qui anime notre fabuleux Team. Mais moi est ce que j'ai le droit de leur faire ça, de les priver de cette course alors qu'ils ont été parfaits et sont EUX qualifiés.

Tout est confus et nous sommes tous là à tenter d'épancher nos larmes. Je prie le ciel que la nuit daigne nous porter conseil, cette nuit si cruelle qui me prive à nouveau de sommeil. J'ai tellement pleuré que ma tête va exploser et pourtant je ne peux m'empêcher de ressentir une douce tiédeur dans mon coeur grâce aux incroyables témoignages de solidarité qui sont arrivés de toute part. Demain est un autre jour...



Samedi
Le réveil est difficile et j'ai la tête comme un compteur à gaz. Il ne pleut plus.
Voilà au moins une nouvelle encourageante. Le warm-up approche à grand pas. Gaby et moi nous retrouvons au camion. La moto prendra le départ !

Et c'est reparti pour un tour : à ma droite, fontaine de larme et à ma gauche, joie dans le coeur. Le paradoxe de la situation reste compliqué à gérer pour moi.

Au petit déj, nous annonçons la bonne nouvelle à tous et je vois la petite flamme briller un peu plus fort dans le regard de chacun. Le warm-up se déroule sans encombre. Puis vient le moment le plus dur. Je me rend avec Francky auprès des officiels pour intervertir nos bracelets.

On coupe mon bleu et on m'en donne un vert à la place. Je prend là pleinement conscience que ce Bol ci se fera sans moi. C'est dur, très dur mais c'est comme ça et l'important reste que la moto prenne le départ.

15 heures approche et notre Fafa exploseur de chronos diluviens trépigne d'impatience. Notre machine attend sagement à sa place. C'est parti !!! Fabien prend un excellent départ. Il gère se premier relais avec maestria et malgré un frein peu réactif rend le guidon à Chris en 40ème position. Ma Chrichri enchaîne les tours rapides avec la régularité d'un métronome. Il fait chaud.

La piste est très glissante et les chute nombreuses (pas moins de 8 en 3 heures au virage du Château d'Eau de la bouche de notre Fred 14 national !). Mais le 3A reste sur ses roues. C'est au tour de notre Francky dont c'est la toute première expérience en course de 24 heures de se jeter au milieu des lions.

Tout se passe bien jusqu'au 3/4 de son relais. Il s'arrête à Adélaïde le sélecteur semblant récalcitrant. La moto repart mais il rentre malgré tout au box. Après un contrôle de Gaby, la machine reprend la piste pour s'arrêter 2 tours plus tard, boite bloquée...

Cette fois nos mécanos tombent le carter d'embrayage pour voir la sélection. Christophe Guyot vient immédiatement nous proposer son aide (merci mille fois). Malheureusement rien n'est visible à ce niveau là ce qui sous-entend que le problème se situe plus loin... soit 5 heures de perdues entre le démontage et le remontage... Gaby en déduit que les chutes survenues au cours des essais ont certainement endommagé une fourchette sur notre "Green Viper" préférée. On jette l'éponge...

C'est très dur à admettre mais ces heures perdues ne nous auraient sans doute même pas permis de faire 75% de la course et d'être classés. C'est le coeur gros que tout le monde se retrouve quelques instants plus tard au camp de base.

Décidément, ce 70ème Bol d'Or n'aura pas voulu de nous malgré tous les efforts mis en oeuvre pour y parvenir.



Dimanche
Après un réveil laborieux, je fais le tour des stands et m'aperçois avec stupeur de l'étendu des dégâts... Ce Bol aura été très dur pour tous. Puis c'est l'heure de plier et de se séparer et c'est le coeur gros que chacun reprend le chemin de sa maison.

Pourtant, je ne peux m'empêcher de penser déjà à 2007 et à toutes les formidables aventures que s'apprête à vivre le 3A lors de cette prochaine et passionnante saison.



Remerciements :
Les Formidables partenaires du 3A sans lesquels rien ne serait possible :
Elan, Advent Consulting, Elf, Pirelli, Ermax, Carbone Lorraine, Roof, Afam, Ixil, Yamaha France, Door Performance, Tournay Distribution, Ohlins, Arc en Ciel, Imprimerie Marcoux, La Tech lycée de Monistrol sur Loire, Billard Engrenages, V.P.S. Système, Unieux Métal, Sellerie Lombardo, Patrick Primeur, Chazelle S.A. et Esprit Racing ;-)

Ma Fabuleuse Equipe :
Micha "My Bodygard", Christelle " Very Speednénette" my little sister, Fabien dit " Fast Fafa aquatique", Elodie "Bree Van de Camp", Francky- Francky, mon Homme, Pierrot, Mathieu, Romain, Raph, nos 2 stagiaires, Yannick "Speedoux", Patrick dit "FOIN", Baboune et Mari(s)e nos super Superintendantes, Olivier et Olivia.

Spécial Ovation à...
Christian Voirriot Mon Charly, mon Papounet, tite Coco, tite N'agnès, tite Mymi, nos voisins de la #94, nos voisins de la #68, le Team X-One, l'E.R.T., Magalie "Petit Aigle", Gwendoline, Bruno et la tite famille et bien d'autres encore !

Tous les commissaires, vous êtes formidables.

... et tous les copains, Jérome Bard, Stephane "Coach" Kokes, David Checa, Seb Gimbert et tous ceux qui m'ont soutenu.

Rendez-vous la saison prochaine. Des surprises sont à venir mais chut...! Pour l'instant vous n'en saurez pas plus.

Magalï Langlois